Résumés des cours

Actualité de l’international : terrain et recherche (Karen Akoka)
Ce séminaire vise à mettre les étudiants en lien avec l’actualité des questions internationales telle que vécue par des praticiens de terrain et des chercheurs. Des intervenants professionnels œuvrant dans le domaine de l’international seront invités à parler des projets sur lesquels ils sont en train de travailler et les questions politiques, éthiques et concrètes qu’ils posent. Des chercheurs spécialisés sur les questions internationales seront invités à échanger sur les travaux qu’ils viennent de publier et les éclairages que peuvent apporter les travaux de sciences sociales critiques, aux question d’actualité internationale.
Management et solidarités internationales  (Annie Collovald et Elisa Chelle)
Ce cours sur les articulations entre management et actions de solidarité internationale se divise en deux partie. Une première s’attachera, à l’aide de travaux de sciences sociales, à éclairer les dilemmes pratiques qui se posent (de façon souvent imprévue et mal maitrisée) aux acteurs s’engageant dans l’aide humanitaire. Une seconde partie sera consacrée à l’étude concrète des organisations (sociologie des organisations, nouveau management public). Un accent particulier sera mis sur les liens entre théories et pratique des étudiants pendant leur stage.
International organisations: development and humanitarianism (Marielle Debos)
The seminar offers an introduction to the field of international development and humanitarianism. It does so by exploring the institutional architecture of international aid (governments, international organizations, donors, NGOs) and by critically examining the major theoretical foundations in this field of study. The seminar is divided into three units. It starts with historical trajectories of development, beginning with colonization. We will then focus on some prominent concepts of international aid. When were notions such as “development,” “poverty,” or “fragile states” construed? By whom? What are the assumptions and central arguments underlying international development and humanitarianism? In a third unit, we will examine the technologies used by the development industry (humanitarian drones, biometrics) and their practical and ethical challenges.
Cartographie et informations visuelles (Philippe Rekacewicz)
Les images cartographiques et les représentations graphiques qui rendent compte du fonctionnement et de l’organisation du monde sont aujourd’hui omniprésentes dans les paysages que nous fréquentons, de l’école aux mondes des médias. Les représentations visuelles sont des descriptions du réel dans lesquels les autrices et les auteurs incorporent une part de leur imaginaire. Elles répondent, comme les textes, à des principes d’élaboration éthique, politiques et techniques que ce cours propose d’explorer selon deux axes, théoriques et pratiques. 1. Déconstruire la carte. Nous proposerons aux étudiant·es de procéder à un exercice de « déconstruction » pour mieux percevoir et comprendre les processus d’organisation et de «production » territoriale (à toutes les échelles, du local au global), à travers des thèmes essentiels (Migrations, frontières et circulations globales, inégalités et colonialisme, expressions socio-économique du fonctionnement néolibéral du monde). Nous verrons pourquoi et comment la carte est un objet qui représente tout sauf la réalité, est le produit d’une construction intellectuelle subjective et par conséquent, une représentation facile à «manipuler » et très efficace à utiliser comme instrument de « propagande », mais aussi comme outil de «résistance». Cette partie du cours est une introduction à la cartographie critique. 2. Imaginer, penser, concevoir assembler, construire une image cartographique : Au cours de cet atelier pratique, nous inviterons les étudiant·es a procéder à la création d’une « (carto)graphie » à partir de données quantitative (statistiques) et qualitatives (informations). Nous explorerons les principes fondamentaux de la cartographie thématique et de la sémiologie graphique (c’est-à-dire de tous les éléments qui servent à fabriquer la carte). L’objectif est de fournir aux étudiant·es les outils et les méthodes pour produire des représentations visuelles dans le cadre des études et recherches en sciences humaines.
Clinique de l’humanitaire (Pascale Laborier et Laura Lohéac)
Nous proposons aux étudiant·e·s la réalisation d’un travail d’analyse concret sur les migrations forcées dans le cadre de partenariats réalisés avec des associations, ONG, institution ou tout autre type de partenaire.  
Ce travail sera réalisé en groupe et co-dirigé par des universitaires et des praticiens. Des rencontres avec des intervenants professionnels dans ce domaine seront proposées afin de préparer et sensibiliser les étudiant·e·s aux thématiques. La formation théorique proposée en science politique donne l’occasion d’une expérience professionnalisante dans un cadre structuré et vise à concilier innovation dans les pratiques et valorisation des savoirs universitaires. Seront par exemple proposés un “advocacy report” en partenariat avec le Scholar at Risk ;  2/ analyse sur le programme  PAUSE; Nous proposons aux étudiant·e·s la réalisation d’un travail d’analyse concret sur les migrations forcées dans le cadre de partenariats réalisés avec des associations, ONG, institution ou tout autre type de partenaire. 
Outils et techniques de la communication et du plaidoyer (Marie Martin)
Ce cours a pour objectif de proposer des éléments de réflexion et des outils pratiques sur la manière de définir et de porter un message influent auprès de différents publics, qu’ils soient associatifs, médiatiques et institutionnels. Si la communication et le plaidoyer sont souvent présentés comme des activités relevant de la parole externe des organisations, ces deux pôles s’incarnent aussi de diverses manières en internes de celles-ci. Chaque approche varie en fonction de la nature des structures, des cibles, des ressources disponibles et des objectifs visés. Les éléments relatifs à la transversalité de l’approche du genre, le questionnement sur la situation de la parole portée par rapport aux groupes représentés et/ou aux informations rapportées feront partie intégrante du cours. 
En lien avec les autres cours relatifs à la représentation du message (par ex. cartographie) et à la mise en place d’une stratégie (montage de projet), ce module sera structuré en cours magistraux à l’appui d’expériences concrètes et en travaux de groupes sur des cas pratiques. Il devra permettre aux étudiant.es d’acquérir une compréhension fine des différents outils disponibles pour aborder au mieux les enjeux de définition, transmission et relai d’un message, ainsi que la structuration d’une parole politique et l’anticipation/la gestion de son impact.
L’action internationale des collectivités territoriales (Yannick Lechavllier)
La décentralisation est un phénomène aujourd’hui mondial et les autorités locales dans de nombreux pays sont de nouveaux partenaires pour les institutions internationales. Les métropoles s’organisent au plan mondial en réseau pour peser sur les négociations internationales et une diplomatie des autorités locales se développe. En France et en Europe, les autorités locales se sont dotés de services “relations internationales” mais après une période de “localisation de l’international’ -le développement de projets d’aide au développement – une “internationalisation du local” émerge ou comment les politiques publiques locales s’adaptent à la mondialisation et la globalisation (réfugiés, diplomatie décentralisée, …) 
Ce cours vise à doter les étudiants d’une connaissance des différentes pratiques pour dialoguer avec les autorités locales dans leurs futurs missions et identifier pour certains des opportunités d’emploi.
Atelier de montage de projet (Olivier Ferrando)
Ce cours-atelier a pour objectif de permettre aux étudiants l’acquisition d’outils pratiques et méthodologiques indispensables à l’élaboration et la mise en œuvre d’un projet de développement. Chaque séance sera articulée en 2 parties: la première consistera en un cours classique où l’enseignant présentera les concepts, méthodes et outils professionnels de conduite de projet; la seconde partie sera un atelier au cours duquel les étudiants travailleront en groupe à l’élaboration de projets de développement dans le secteur d’activité et le pays de leur choix. Cette mise en application directe du cours dans un projet élaboré de A à Z par les étudiants eux-mêmes (programmation stratégique, conception des objectifs, résultats et activités, définition des indicateurs et des risques, budgétisation et recherche de financement) leur permettra d’appréhender les différents aspects professionnels de la conduite d’un projet.
Les migrations internationales (Karen Akoka)
Ce séminaire propose aux étudiants de saisir la question des migrations internationales au travers de la nouvelle génération de travaux et des approches critiques qui se sont développés à la suite du durcissement des politiques migratoires et de la précarisation des statuts légaux. Le séminaire remettra aux cœur de la réflexion les dimensions de contrôle et de contrainte présentes dans les processus migratoire ainsi que le rôle des politiques publiques dans la détermination des pratiques et trajectoires migratoires. Ce faisant, il permettra d’apporter un nouvel éclairage sur la question du pouvoir d’agir, de l’autonomie des migrants et du transnationalisme.
Méthodologie du projet professionnel (Olivier Ferrrando et Karen Akoka)

En complément du cours de découverte des métiers de l’international dispensé en M1, cet enseignement méthodologique accompagnera les étudiants dans l’élaboration de leur projet d’insertion professionnelle. Il fournira des outils permettant notamment l’identification des sites spécialisés d’offre de stages et d’emplois à l’international, l’analyse des offres de stage, la personnalisation des CV et lettres de motivation. Il comprendra enfin l’intervention d’une responsable des ressources humaines d’une grande ONG internationale pour présenter les modalités de stage et de recrutement pour partir à l’étranger.
Grandes tendances de la sécurité contemporaine (Laurent Bonelli)
Ce séminaire propose une approche relationnelle et constructiviste des grandes questions de sécurité contemporaines. Il abordera plusieurs thématiques, qui ont en commun leur actualité et leur caractère transnational : la violence politique et le mobilisations institutionnelles qu’elle provoque ; la sécurité comme mode de fabrication de frontières sociales et spatiales dans les métropoles urbaines ; l’émergence du « crime organisé » comme catégorie d’action publique ; le renseignement comme activité de gouvernement (et ses évolutions récentes avec le développement de la surveillance électronique à grande échelle) ; ou encore l’essor du secteur de la sécurité privée au niveau international. Ces différents aspects sont autant de jalons pour penser un champ de la sécurité et permettre aux étudiant.e.s de porter un regard critique sur ces sujets souvent présentés comme sensibles.
Professional english (Sabine Schayvialle)
Le cours d’anglais sera l’occasion d’initier les étudiants à la terminologie des organisations internationales, des échanges diplomatiques et de l’action non-gouvernementale par le biais d’analyse de documents en anglais. L’objectif pour les étudiants sera de monter un projet international en groupe dans des domaines variés pour se familiariser avec la technique de la correspondance en anglais (rédaction de lettres, demande de financements, échange d’information), et la présentation du projet à l’oral.
ONG: Acteurs et pratiques
Ce cours se divise en deux parties.

Une première partie intitulée « Positionnements et outils des ONG » sera dispensée par des intervenants travaillant en ONG. Ils apporteront aux étudiants une connaissance de leurs secteurs d’intervention et une compréhension du positionnement de leur organisation à l’intérieur de ces secteurs. Ils présenteront et apprendront également aux étudiants à utiliser un certain nombre de leurs outils concrets de travail, tels les techniques d’éducation populaires, les méthodes de recherche participatives ou de diagnostic du territoire.

Une deuxième partie intitulée « Environnement et développement dans les pays du Sud », dispensée par un enseignant chercheur (Dominique Connan) se centrera sur le travail des ONG spécialisées dans le domaine de l’environnement et œuvrant dans les pays du Sud. Il vise à présenter et analyser certains des enjeux et controverses auxquels sont aujourd’hui confrontés les professionnels de la protection et de la conservation de la nature. Il s’attachera d’abord à montrer comment la généalogie naturaliste et coloniale de la conservation de la nature imprime sa marque sur les politiques contemporaines. Du point de vue de l’idéologie, d’abord, puisque les parcs et réserves naturelles procèdent d’une conception de la conservation des forêts et de la faune exclusive des humains, ce qui ne va pas sans tensions et conflits dans les pays ou ces sanctuaires peuvent représenter jusqu’au tiers du territoire national, comme en Zambie ou au Zimbabwe. Du point de vue des structures et des organisations, ensuite, puisque le monde de la conservation reproduit les inégalités Nord/Sud, entre les sièges suisses et américains des grandes ONG – comme WWF, WCS – qui élaborent, avec les gouvernements et dans l’enceinte des organisations internationales, des politiques et des objectifs, et leurs opérateurs du Sud, exécutants de programmes décidés ailleurs. Du point de vue des pratiques, enfin, où les opérateurs de la conservation se voient déléguer par les États l’administration de régions entières ou de ressources précieuses, qu’il s’agisse de certifier les forêts pour mieux en assurer l’exploitation et la mise en marché, comme en Indonésie ou en Malaisie, ou de déployer pour policer les frontières des réserves des écogardes qui ont tous les atours de milices privées, comme en Afrique équatoriale. Bien entendu, ces aspects suscitent également des critiques et des protestations. De la part de pôle contestataire des ONG, animé par des organisations comme Greenpeace ou les Amis de la Terre, mais également de la part de populations qui s’estiment lésées par des politiques qui les excluent. Ces critiques ont donné lieu à des réponses, à l’image des pratiques de conservation participatives qui visent à intéresser les populations locales aux bénéfices tirées du tourisme et de la chasse, ou bien de la promotion de « cultures indigènes » réifiées susceptibles de s’accorder avec la protection des écosystèmes menacés. Elles ont aussi débouché sur des impasses, dès lors que la protection de la biodiversité s’est souvent avérée moins rentable que l’agriculture, ou que la définition des contours des « populations autochtones » ou du contenu des « cultures indigènes » que l’on s’attachait à promouvoir s’est révélée problématique. A travers ces différents exemples, il s’agit enfin de proposer quelques clés de compréhension plus générales sur les thèmes qui animent aujourd’hui les mondes du développement et de la coopération.